Visiter la FIAC, croiser des amis, découvrir des artistes inconnus, s’étonner d’œuvres sublimes offertes à notre convoitise, s’intéresser a des galeries de pays où l’on va rarement, retrouver la finesse du regard de tel ou tel marchand, approuver leur fidélité pour des artistes que l’on regarde moins, et leur acuité pour des nouveaux venus auxquels ils accordent leur confiance. Admirer les grandes installations, se reprocher de ne pas avoir su remarquer plus tôt tel promesse largement tenue et devenue inaccessible. Bref, passionnés, chevaliers de la bourse plate, fortunés, amateurs modestes qui soupèsent le prix de leur passion puis franchissent ce pas imprudent, ou simple regardeur, la FIAC est pour tous et même si cette fois ci ce ne sont que des images, il nous reste un peu de ces plaisirs dans cette virtualité.

Choisir est un bel exercice dans lequel, sans doute, les bonnes et les mauvaises raisons se mêlent. Les artistes longuement fréquentés et aimés Philippe Parreno, Alain Séchas, Dewar et Gicquel, Trisha Donelly, Jean-Marie Appriou, Marguerite Humeau, ceux que l’on a pas eu la chance de connaître ou trop peu et que l’on admire, David Hammons, Wolfgang Tillmans, ceux que l’on a un peu suivi et avec lesquels on veut poursuivre : Sammy Baloji, Mohamed Bourouissa, Leonor Antunes, Liz MagorAshley Hans Scheirl, ceux que l’on découvre et sur lesquels nous parions imprudemment sur la foi de quelques images Ana Silva, Sandra Gamarra, Marie Losier, ceux que l’on se reproche de ne pas avoir suivi plus tôt et soutenu et d’autres, et des caprices, et des amitiés fidèles…

Pourquoi faire semblant d’être plus rigoureux et de renoncer à l’affect. Tous ces artistes dont j’ai souhaité souligner le talent à l’occasion de cette sélection que l’on me propose de faire sont des inventeurs et des poètes. Aucun ne me déçoit, chacun mérite votre regard et si j’ai diverses raisons de les aimer ils ont en commun cette qualité d’être des explorateurs, des chercheurs passionnés et de parvenir à conjuguer dans leurs œuvres la quête d’un sens profond et d’une forme inattendue. Je ne me trompe pas !

Jean de Loisy

Jean de Loisy

Jean de Loisy est Directeur de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris depuis 2019. Jean de Loisy était Président du Palais de Tokyo de 2011 à 2018 et a occupé diverses fonctions dans de nombreuses institutions culturelles (Centre Pompidou, Fondation Cartier). Dans le cadre de ses activités de commissaire d’exposition, il a participé à de nombreux événements internationaux dont la Biennale de Venise en 1993 et en 2011, ainsi qu’à des expositions historiques comme «Traces du sacré» au Centre Pompidou (2008), «Monumenta/Anish Kapoor » au Grand Palais (2011), «Une brève histoire de l’avenir» au Musée du Louvre (2015) ou encore «Monumenta/Huang Yong Ping» au Grand Palais (2016).

Crédit photo : Renaud Monfourny

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