Arash Hanaei
Black Soap, 2020
Vidéo couleurs, son
2mn 59sec

Black Soap est une lettre adressée à ma mère qui a rarement quitté la maison pendant plusieurs années à cause de sa maladie de Parkinson. Je l’ai écrite à Paris, confiné pendant la pandémie, alors que nous étions toutes coincées chez nous, sans rien d’autre à faire que de nous réengager avec les choses qui nous entourent, en observant constamment l’évolution de la situation, et de cuisiner !
En silence, avec un sentiment de solitude, des signes du passé et des spéculations sur l’avenir sont lentement apparus d’un autre endroit, s’accordant avec les objets du présent.
Cette vidéo est une tentative de suivre ce déplacement psycho-géographique, en reliant ces traces du passé et du futur.

Arash Hanaei

Arash Hanaei vit et travaille à Paris et à Téhéran. Après avoir étudié la photographie à l’université Azad de Téhéran, il développe une pratique combinant plusieurs médiums et techniques. La série de dessins numériques intitulée Capital (2009-2016) se veut une carte de la ville de Téhéran, interrogeant la transformation de l’espace public après la guerre. Depuis 2014, date à laquelle il s’est installé entre Paris et Téhéran, le travail d’Arash Hanaei s’est progressivement déplacé des pratiques documentaires et photographiques vers les spéculations intermédias, des espaces d’urbanisme strict vers les déambulations psycho-géographiques et des questions de représentation vers les stratégies post-Internet. Cyclothymia of a Land d’Arash Hanaei traite largement des questions de géopolitique contemporaine, des allégories du paysage et de la mise en danger de l’expérience sociale dans un monde numérique.

Ses œuvres sont présentées dans plusieurs expositions individuelles, notamment à la galerie LudLow38, aux résidences de conservation MINI/Goethe-Institut à New York, à la fondation Yassi à Téhéran, dans des expositions collectives au Musée d’Art Moderne de Paris, au MAXXI (Musée national des arts du XXIe siècle) à Rome et au LACMA Museum de Los Angeles. La dernière série qu’il a réalisée, Pop-Up Clouds (2019), est une métaphore des chevauchements entre les sphères domestique et publique ainsi qu’une autre façon de travailler avec l’informatique et les sciences naturelles ; ou un palimpseste d’images contradictoires au point de devenir un système d’aliénation – suite à la fragmentation de la mémoire. Dans un courant d’idées plus positif, Pop-Up Clouds parle aussi des installations de Hanaei comme des producteurs de vision retardée : quelque chose à voir ou à assister a été retardé au profit d’apparitions fantômes, de paysages inconscients”.

“Intérieurs 2020” est une commande de vidéos courtes à 10 artistes faite par le MAM Paris en soutien à la jeune création.

Dans le contexte de la crise sanitaire actuelle, le Musée d’Art Moderne de Paris, la Société des Amis et son Comité pour la Création Contemporaine, ont mis en place une action de soutien destinée à 10 artistes de la jeune génération. 

Les artistes sélectionnés par l’équipe de la conservation du Musée d’Art Moderne de Paris sont Marie Angeletti, Laëtitia Badaut Haussmann, Gaëlle Choisne, Morgan Courtois, Arash Hanaei, Jean-Charles de Quillacq, Clément Rodzielski, Sara Sadik, Naoki Sutter-Shudo et Stefan Tcherepnin.

Chaque artiste a été invité à produire un format vidéo court, sans sujet imposé. La Société des Amis fait don au musée de ces œuvres réunies sous le titre « Intérieurs 2020 ».

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